Aller au contenu principal

Sanctions accrues contre les propriétaires : pourquoi la solution proposée risque de manquer sa cible

Sanctions accrues contre les propriétaires : pourquoi la solution proposée risque de manquer sa cible

La proposition de Québec solidaire d’augmenter les sanctions contre les « propriétaires abusifs » relance un débat sensible dans un contexte de crise du logement. Si la protection des locataires est essentielle, plusieurs propriétaires estiment que la mesure, telle que présentée, risque d’alourdir un système déjà complexe sans s’attaquer aux véritables causes des problèmes.

Les propriétaires rappellent que la grande majorité d’entre eux gèrent leurs immeubles de façon responsable, respectent les règles du Tribunal administratif du logement (TAL) et investissent dans l’entretien de leurs bâtiments.
Les cas d’abus existent, mais ils demeurent marginaux par rapport à l’ensemble du parc locatif.

Pour les propriétaires, présenter le secteur comme un bloc homogène de « mauvais acteurs » crée une perception injuste et contribue à détériorer les relations entre locataires et propriétaires, alors que la collaboration est essentielle pour maintenir un parc immobilier en bon état.

Un cadre réglementaire déjà très strict
Le Québec possède déjà l’un des régimes les plus encadrés au pays :
avis obligatoires, délais rigoureux, règles strictes pour les reprises de logement, inspections, obligations d’entretien, et un tribunal spécialisé pour trancher les litiges.

Les propriétaires soulignent que les sanctions existent déjà et qu’elles sont appliquées lorsque des manquements sont démontrés.
Alourdir encore le régime punitif risque de créer davantage de tensions sans améliorer la situation des locataires.

Des délais au TAL qui pénalisent tout le monde
Il est vrai que les délais actuels du TAL sont problématiques, mais ces délais touchent autant les locataires que les locateurs.

Un risque d’effets pervers sur les investissments

Les propriétaires craignent que l’ajout de sanctions plus sévères crée un climat de méfiance qui décourage l’investissement dans l’entretien et la rénovation.
Dans un contexte où les coûts de construction explosent, les nouvelles normes du Code du bâtiment alourdissent les obligations, que les taxes foncières grimpent avec les nouveaux rôles d’évaluation, et que plusieurs propriétaires peinent déjà à maintenir la rentabilité de leurs immeubles.

Un régime punitif plus lourd pourrait pousser certains à retarder des travaux, voire à se retirer du marché locatif, ce qui irait à l’encontre de l’objectif d’augmenter l’offre de logements.

S’attaquer aux véritables enjeux : entretien, financement et disponibilité!

Les propriétaires reconnaissent l’importance de protéger les locataires et de sanctionner les comportements réellement abusifs.
Mais ils estiment que la proposition de sanctions accrues, telle que présentée, risque de punir indistinctement un secteur déjà fortement encadré, sans régler les causes profondes de la crise du logement.

Pour eux, la priorité devrait être d’améliorer le fonctionnement du TAL, de soutenir l’entretien du parc immobilier et de favoriser la construction de nouveaux logements — des mesures qui bénéficieraient autant aux locataires qu’aux propriétaires.

Service des communications

Adhérez dès maintenant

Pas encore membre de l'APQ ?

Profitez de tous nos services en vous inscrivant dès maintenant

Ce site utilise des cookies afin de pouvoir vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies.